dimanche 2 février 2020

La fin d'un chapitre

Aujourd'hui là maintenant tout de suite, je voudrais cette fessée d'adieu. Je voudrais avoir le temps de garder les sensations que provoquent tes coups sur ma peau. L'intonation de ta voix et tes gestes assurés quand tu fais de moi ton petit objet. Je voudrais que le temps s'égrène lentement. Je voudrais que tout se suspende pour que mon cerveau n'oublie rien, pas la moindre seconde. Je voudrais que tu m'appelles et que tu me donnes rendez vous pour que l'histoire se termine comme elle a commencé. Je voudrais avoir le temps de me préparer, je voudrais à nouveau te séduire, une dernière fois. Je voudrais choisir mes sous vêtements  avec soin puis enfiler mes bas, mettre mes escarpins et ensuite passer une petite robe sage. Je mettrai une goutte de parfum dans le creux de mon cou et du rouge sur mes lèvres. Je viendrai te retrouver avec l'assurance que me donne mon apparence. Mais avec le cœur qui bat devant l'urgence de la situation.

Je viendrai frapper à la porte et j'entrerai en suivant les instructions que tu m'as envoyées par mail. J'attraperai le bandeau posé sur la chaise en osier et me placerais au milieu de la pièce. Je ferai descendre ma robe pour ne rester qu'en sous vêtements. Je te sentirais dans mon dos mais ne me retournerai pas. Je n'ai pas envie de désobéir. Je veux être à toi. Respectueuse et soumise, une dernière fois.

Ma robe touchera le sol. Je poserai le bandeau sur mes yeux, et mettrai mes bras en hauteur de manière à ce que mes mains effleurent les cordes qui sont suspendues au plafond. Alors je te dirai : je suis prête Monsieur. Tu attacheras mes mains et sentir ton corps près de moi fera couler mes premières larmes. C'est le début de notre fin et je ne suis plus sûre de sortir indemne de cette ultime punition. Tes doigts chasseront mes larmes et ta bouche me rappellera que tu m'aimes... Quand même.

Tu parcours mon corps avec la cravache et tu accompagnes ce voyage de tes mots. Il n'y a aucun reproche. Tes mots sont d'une justesse et d'une tendresse qui font redoubler mes larmes. La cravache marque elle maintenant durement ma chair. Tu tires un peu plus sur les cordes. Mes pieds peinent à toucher le sol. J'ai un équilibre précaire mais tu me souhaites immobile. Le silence s'installe, cette cravache vient s'insinuer dans mon intimité. Mon sexe ruisselle. Tes mots m'arrachent un sourire. Tu caresses mon visage et essuies mes larmes même si tu sais qu'elles ne sont pas prêtes de s'arrêter. Je n'ai pas la possibilité de croiser ton regard alors je ne sais pas comment tu vis cet instant. Tu t'éloignes à nouveau un peu de moi et m'indiques de compter : ne te trompe pas ! 

Je ne me tromperai pas. Il n'y a plus un seul centimètre carré de blanc sur ma peau. Je le sens et j'essaie de garder cette sensation de brûlure en moi. Tu détaches mes bras. J'enfouis ma tête dans ton cou et tu défais mon bandeau. Je te regarde intensément, j'ai besoin d'ancrer ce regard qui ne sera plus. Je m'allonge ensuite sur le sol. J'ai besoin de toi en moi. J'ai besoin de nous, comme ça... une dernière fois.

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